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kling.gif (995 octets) ANNEE 2015

kling.gif (995 octets) Montluçon (Nationale d'élevage) 16 mars 2013 France1.gif (164 octets)

kling.gif (995 octets) Lyon 6 juin 2010

kling.gif (995 octets) Montluçon (Nationale d'élevage) 20 mars 2010 France1.gif (164 octets)

kling.gif (995 octets) Montluçon (Nationale d'élevage) 14 mars 2009 France1.gif (164 octets)

kling.gif (995 octets) Montluçon (Nationale d'élevage) 24 juin 2007 France1.gif (164 octets)

kling.gif (995 octets) Fribourg 11 février 2007 drapeau_suisse.gif (1112 octets)

kling.gif (995 octets) Lausanne 15 octobre 2006 drapeau_suisse.gif (1112 octets)

kling.gif (995 octets) Grenoble 1er octobre 2006

kling.gif (995 octets) Bulle 2 juillet 2006 drapeau_suisse.gif (1112 octets)

kling.gif (995 octets) Lausanne 22 octobre 2005 drapeau_suisse.gif (1112 octets)

kling.gif (995 octets) Montluçon (Nationale d'élevage) 19 mars 2005 France1.gif (164 octets)

 

Voici un extrait du livre "Mes chiens" de André Tamineau, datant de 1955 : 1/2 siècle plus tard, le monde des expositions n'a pas changé !

        Mars, mois de l' "ouverture" pour l'éleveur. Depuis le dernier été on a sélectionné les jeunes qui doivent affronter les feux du ring et soutenir les couleurs du chenil. Durant les mois d'hiver, toujours durs aux bêtes, les concurrents ont été l'objet de soins de chaque jour, d'attentions de chaque heure.
La "Revue Canine" a donné le calendrier des expositions. On a coché d'une croix les villes possibles, certaines proches, d'autres lointaines, mais alléchantes par leur I.B. Cinq, six, sept sont retenues, il y aura un peu de déchet sans doute; qu'importe, voici demain le départ pour la première compétition. Mars, "ouverture" de l'amateur canin, ouverture de la chasse... aux cartons - tricolores, s'il se peut.


        En cette veillée, on fourbit les armes, en l'espèce, colliers, laisses, couples, brosses. Deux cents kilomètres à la carte, on mettra le réveil sur quatre heures : "Commencement des jugements à neuf heures, aucun chien ne pourra quitter l'exposition avant 18 heures"... On connaît la formule. Le règlement ne se doute pas de la journée qu'il impose aux concurrents, hommes et bêtes.
        La voiture sort avec le jour, les deux familiers qui vivent à la maison ont déjà sauté sur la banquette arrière. Au chenil, ce réveil matinal inhabituel surprend les chiens qui bâillent plaintivement en sortant des caisses chaudes. Des bonjours à la cantonade et, à moitié engourdi (l'âme du chien est longue à reprendre le corps), on va lever une patte paresseuse contre la barrière, précaution appréciée du maître soucieux de ses coussins.


        En route. Peu de temps et c'est l'arrêt obligatoire. On s'y attendait, cette chienne qui n'a jamais pu supporter la voiture a remis au grand jour - et sur le plaid écossais - son dîner de la veille. Secouons ce mauvais souvenir sur la berme et roulons. Des chiens s'ébrouent, pleurnichent, mettent les pattes à la vitre, d'autres dorment en rond. Autre arrêt en face d'un chemin creux et la portière ouverte lâche son paquet de chiens sur le pré. Dix minutes d'ébat, on repart, deux heures de route encore. C'est à cet instant précis que, rêveur au volant, on tâchera de fixer la physionomie du juge annoncé : Ah oui, c'est lui ! Pourvu que le comité l'ait bien fait dîner hier soir, n'est ce pas. Pourvu que l'hôtelier lui ait réservé sa belle chambre, pourvu qu'à ce moment même son chocolat soit onctueux, ses croissants croustillants. Que les dieux nous le livrent frais, reposé, souriant, bienveillant !


        Nous y sommes. Et commencent les petites réjouissances. Garage délicat dans les abords encombrés. Collier à tous. Une bête s'échappe, on s'empêtre dans les laisses, tous les chiens qui débarquent viennent bien entendu flairer les museaux, moyen infaillible de déléguer sans procuration la bonne petite maladie. L'entrée étroite est engorgée par le goulot du service vétérinaire, cette formalité toute administrative. Voilà vos six bassets emmêlés dans d'autres laisses, le Boxer hargneux saute à la gorge du Berger. Les chiens s'affolent, les hommes crient, tout est noué. On arrive à désembrouiller le tout et voilà, si l'on peut dire, un heureux dénouement !
        Secrétariat, enveloppes, numéros, brassard qui vous guide vers un emplacement inconnu de lui comme de vous. Après trois tours complets de l'enceinte, on découvre les cases. On attache, ouf... soufflons ! Et voilà que se déroule l'habituelle et hallucinante journée de poussières et de bruit. Cinq cents gorges, aigres ou graves, aboyant ensemble et qui n'arriveront pas d'ici la fin du jour à battre à l'usure les six haut-parleurs qui déversent les sonneries de trompe et les avis qu'on entend pas.
        Les prévoyants de l'avenir ont leur pliant. La matinée passe généralement sans dégâts majeurs, sauf que vers onze heures trente on vous annonce que les jugements, ne pouvant être terminés à midi, reprendront à quatorze heures trente. Pas de drame, à cela aussi on s'attendait. Prudence, garder son calme, ne pas sortir, occuper le terrain conquis, camper sur place. Le buffet suffira aux crocs des chiens et des maîtres. Détente, répit.


        Quatorze heures trente, animation nouvelle. Le juge regagne le ring et le ciel, aidé de la chaleur du banquet, nous l'a rendu souriant, loquace. Le commissaire de ring s'est égaré en ville après le café et il détient la boite à cartons ! La jolie secrétaire qui n'y connaît rien se demande ce qu'elle est venue faire dans cette galère. On appelle : mâles bicolores, femelles unicolores, classe de jeunes. Marches, contre-marches, tours de ring. Un chien dédaigneux - le plus vif à l'habitude - a décidé de ne pas participer à ces festivités et se couche à vos pieds. Menaces et caresses le laissent indifférent. Confusion. On voudrait être au diable. Faites courir, face, profil, biais, arrêtez, mâchoires. Juge perplexe qui hésite, tourne, s'assied, se lève, dicte. Tout vient à point : voici les récompenses. Enfin le terme des vicissitudes ? Vous ne voudriez pas.
        Maintenant, assis devant vos chiens, il vous faudra subir la foule des visiteurs profanes et les réflexions saugrenues : "Quelle race est-ce ? est-il adulte ? Elle est belle cette chienne (c'est un chien). Est-ce que vous en vendez ? Quel prix ?" On s'amuse. "Oui, celui-ci, deux cent mille" - "Dis Marie, tu entends ? et le Victor qui en a un tout pareil !"
        Soutenir le regard mauvais du concurrent battu qui, à la dérobée, vous déchire à belles dents. Plaindre ce pauvre juge dont on entend mettre en doute, en petit clan, la compétence quand ce n'est pas l'impartialité. Se défendre contre les enfants et leur manie de toucher tous les museaux de la travée, autre moyen aussi infaillible de passer à toute l'exposition une bonne "Carré". Car on se souvient de l'an passé où votre voisine vous confiait (entre nous) que son chien avait 40° de fièvre, ce qui en effet vous permit la bonne fortune de deux de vos chiens atteints de la maladie huit jours après l'exposition.


        On arrive ainsi plutôt mal que bien aux dix-huit heures fatidiques. Bagages, rangements, laisses, colliers, cohue de la sortie battant de loin la cohue de l'entrée. La voiture, ah, vite prendre le large, gagner une zone de silence où les chiens assommés pourront s'ébrouer, les gens retrouver leurs esprits.
        Trois heures de route à nouveau. On rentre après la tombée du jour. Au chenil, Grand-Mère Chien a préparé une soupe appétissante que les bêtes rompues de fatigue dédaigneront. On accrochera demain au panneau les deux C.A.C., il fait nuit.
    A la maison, le lit accueillera vos membres courbatus, l'oreiller votre tête bourdonnante. Votre nuit sera pleine d'abois, de cris, de trompes jusqu'à ce qu'un réveil tardif vous entende prendre à haute voix, une fois de plus, la résolution définitive de ne plus vous livrer désormais à ce genre d'expéditions.
Ce qui se traduira le dimanche suivant par un nouveau départ tout aussi semblable vers une autre journée toute pareille. Puisque... au fond, c'est cela le sport !

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